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Le Crime du 21ème siècle, est la deuxième pièce d’une tétralogie qu’Edward Bond est sur le point d’achever. Café, la première se passe durant la seconde guerre mondiale. Naître, la troisième se passe au présent d’une société détruite par la violence qu’elle emploie pour empêcher sa propre ruine.
Le Crime du 21ème siècle pose son regard sur l’avenir. Le passé n’existe plus. Une femme survit dans les ruines d’une ville rasée. Trois personnages viennent troubler sa solitude. Ils n’ont ni eau, ni nourriture et seulement quelques restes d’humanité.

 

« La cruauté est tout ce qu’il y a d’obscur dans l’esprit, d’enfoui, d’irrévélé et se manifeste en une sorte de projection matérielle, réelle. Nous ne cherchons pas à donner, comme cela a toujours été le fait du théâtre, l’illusion de ce qui n’est pas… »

Antonin Artaud

 

La violence des mots et du geste dans le théâtre de Bond place le spectateur face aux problèmes plutôt que de l’en divertir. Il questionne l’homme sur son avenir, et sur sa responsabilité d’humain, pour que « nos démocraties ne deviennent pas les formes les plus achevées de l’esclavage ». C’est aussi un théâtre qui doit être autre chose que ce qu’il appelle lui-même « une boutique parmi d’autres sur le marché ». Ce théâtre, il le donne à voir au travers d’univers dont on sent bien la menace réelle. La société doit porter un regard critique sur elle-même si elle ne veut pas définitivement disparaître. Le théâtre peut être sont « chien d’aveugle ».

L'Equipe

comédien(ne)s:

Emilie Pirdas,

Nadège Perriolat,

Frederic Munoz-aparicio,

paul Laurent


metteur en scène : Émilien Urbach


scénographe : Raphaël maulny


lumières : Michel Neyton


costumes : Caroline Fay


administratrice : Siham Mineur

Le public intégré au dispositif.


Dans le texte, Bond décrit de façon très précise les aspects scénographiques de la pièce tels qu’il les imaginent. Cependant, il situe la pièce en « exposition ». Le public est un observateur extérieur.
Nous avons faisons le choix d’en faire un observateur intégré au dispositif . Nous le plaçons à l’intérieur de ce que Bond nomme « le site ».

« (…)Combien de corps dénudés entassés devant les portes du camp ? (…) Toute l’humanité y est entassé (…) Ils sont en vous et vous êtes en eux. Et les nus et les brisés et toute leur faim est votre faim et votre faim est la leur (…) »

La ligne directrice de l’adaptation réside dans ce dispositif. Nous souhaitons parvenir à la création d’un événement vécu par un groupe de personnes réunies. Il s’agit pour nous de questionner la notion d’« être ensemble ». Dans ce dispositif, chacune des personnes rassemblées dispose physiquement d’un point de vue unique sur le site. Mais les autres sont toujours présents, en train de vivre le même événement. Un personnage vous frôle l’épaule, vous ne le regardez pas, l’entendez, le sentez. Il s’adresse à vous sans attendre de réponse. En face de vous, une autre personne, vois le personnage évoluer dans la pièce et dans le même temps vous observe, vous aussi, évoluer à l’intérieur de votre propre histoire. Vous êtes ensemble, sorti de l’intimité du fauteuil de théâtre. Vous n’êtes pas uniquement en train d’assister à une représentation. Vous êtes présent, à l’intérieur de la trame.